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Renaud Riga (1971-2026)

Dès sa sortie du Conservatoire royal de Liège en 1998, Renaud travaille comme comédien sous la direction de Lorent Wanson, Jacques Delcuvellerie, Jean-Michel Frère, …
Il est comédien et administrateur au sein de la compagnie Mezza Luna avec Anne de Fonvent et Michel Delamarre.
En 2000, il fonde avec Sandrine Bergot et Baptiste Isaia la Cie Pi 3,14. En 2007, il crée toujours avec les mêmes le Collectif Mensuel et écrit, met en scène et interprète avec eux : » L’hebdo du lundi « , « Mensuel saison 1″, » Mensuel saison 2 « , « L’homme qui valait 35 milliards », « 2043 » , « Blockbuster », » Sabordage « , « Une pièce pour les vivants « , » Zaï Zaï « , …
Il joue également dans le théâtre jeune public (Théâtre Musical Possible, Atelier de la Colline, Cie Pied’Alu) et dans le théâtre forain avec la Cie des 4 saisons.
Il dirige et préside Théâtre & Publics
Il enseigne à L’École supérieure d’actrices et d’acteurs du Conservatoire royal de Liège.
Renaud, producteur, inventeur de lieux alternatifs, acteur, ton sourire et ta voix, tes conseils et ta pensée. Ta lutte contre la tentation du nénuphar d’occuper seul la place. Tes coups out of the box : la location de la Boverie en plus du théâtre de Liège pour prolonger la période de représentation, pour qu’au moins un spectacle, L’homme qui valait 35 milliards, réalise à Liège son potentiel de public.
Tu as eu et tu nous as appris cette capacité à refuser que chaque spectacle ne puisse créer son public ou, pour le dire autrement, à refuser qu’un spectacle se voie imposer le nombre normé de spectateurs et de spectatrices du théâtre où il se produit.
C’était pour toi une manière de faire honneur au service public, une manière de donner du sens au travail artistique réalisé et à la contribution de chaque citoyen·ne au financement public de l’art et de la culture.
Tu ne misais ni sur le plébiscite, ni sur le mérite. Tu as fait confiance à la pensée, à la stratégie, à la tactique et au travail, au pas à pas du travail en dehors des contraintes établies, au-delà de celles auxquelles il ne peut faire sens de se soumettre parce qu’elles dépendent de croyances. Là, fut engagée ta confiance, sur ces chemins que tu défrichais. Charge à nous de les entretenir.
Il existe des groupes de personnes qui entendent bien que les sentiers communaux ne puissent être appropriés par les châtelaines et les châtelains gêné·es par l’intrusion de gens sur leurs terres traversées par ces chemins publics. Ces groupes de résistant·es arrachent les interdictions illégales, les affirmations abusives de propriété privée, entretiennent les sentiers, taillent et coupent, luttent contre l’accaparement privé du commun. Tes sentiers, nous les entretiendrons, nous en récupérerons d’autres, des inédits, et te les dédierons.
Toi, l’artisan créant les ateliers spécifiquement nécessaires à la fabrication de chaque spectacle, tu as aidé Théâtre & Publics, au moment où, attaquée de toutes parts, l’association ne pouvait compter que sur les solidarités des lignées choisies, des fidélités solidement ancrées, des loyautés éprouvées, des très grands respects mutuels.
Pour tout ça bravo. Merci et bravo.
Nous présentons nos plus sincères condoléances à Françoise, à Pauline, à Camille et à l’ensemble de tes proches.
Notre peine est immense, seul ce que tu fus, ce que tu nous as donné, ce que tu as semé et qui croît et bourgeonne pourra un jour nous consoler
Nathanaël Harcq
Le 9 avril 2026




